Travailler avec moins d'énergie

Un article de Oleocene.

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Sommaire

Si vous êtes indépendant

A priori, vous avez une grande marge de manoeuvre pour adapter votre façon de travailler. Commencez par faire le bilan complet de vos dépenses énergétiques, et ensuite cherchez à les réduire, voire les supprimer, en commençant par celles qui sont les plus importantes. N'hésitez pas à prendre contact avec l'ADEME qui a été créée pour vous aider.

Si vous êtes salarié subalterne

La situation est plus délicate : vous avez un chef qui n'est pas forcément prêt à vous écouter, pour de multiples raisons, si vous voulez lui parler du Peak Oil. Par contre, il sera toujours prêt à tendre l'oreille si vous lui parlez d'économies faciles à réaliser. Maintenant, il faut préparer un peu votre dossier avant d'aller le voir.

Recueillez des données

Essayez de mettre la main sur la décomposition des coûts de votre département, service, atelier, centre, etc... bref le machin que votre chef est supposé gérer. Dans certains cas, ces données sont très facilement accessibles (Intranet, dernier speech de votre chef adoré, controleur de gestion complice, etc), dans d'autres moins : essayez alors les représentants du personnel.

Identifiez les enjeux

Pour une activité de type tertiaire, les postes de dépenses énergétiques typiquement les plus importants sont :

  • le chauffage : on croit toujours qu'après 2 chocs pétroliers, la question a été traitée en long et en large. C'est une profonde erreur ! Les années 1990 et leur énergie à bon marché ont fait oublier de nombreuses bonnes habitudes. La plupart des immeubles de bureaux sont surchauffés, alors qu'on peut parfaitement travailler efficacement avec une température ambiante autour de 18°C, avec un pull ou une veste (voilà peut-être pourquoi les costumes en ont une en standard).
  • la climatisation : elle est toujours mise en marche avant qu'elle ne soit vraiment indispensable : on est certes moins productif à 30°C, mais pas à 24°C.
  • l'isolation : elle est souvent déplorable. Mais nous entrons là sur un sujet délicat, car il va falloir investir.
  • le système de chauffage/climatisation : même réglé à 17°, peut-être que la chaudière hors d'âge, les radiateurs non thermostatés, les tuyaux non isolés continuent à jeter l'énergie par les fenêtres. Là encore, investissement à prévoir.

[*]les transports : votre chef se contrefiche des déplacements domicile-travail, vu qu'il ne les paie pas. Il faut porter votre attention sur les déplacements professionnels. Attention, sujet difficile ! Il y en a beaucoup, dont peut-être votre chef, qui aiment bien voyager aux frais de la princesse. Il ne faut pas forcément jouer au "tueur de coûts", mais plutôt au "consultant en efficacité" pour que vos idées soient adoptées.

  • Exemple : si on instaure dans un département commercial que les voyages en avion se fassent en classe business plutôt qu'en classe éco, mais sans modification du budget annuel, les commerciaux vont arrêter d'aller chez leurs clients et prospects pour un oui ou pour un non. Ils vont trouver de nouveaux modes de fonctionnement nécessitant moins de déplacements (plus de conférences téléphoniques par exemple).

Et en attendant, à titre personnel, vous pouvez...

  • préférer le train à l'avion chaque fois que possible
  • réduire vos déplacements professionnels au minimum. Une bonne pratique consiste à accepter d'abord le déplacement, puis ensuite préparer de façon professionnelle, par téléphone et e-mail, ce déplacement avec celui/celle/ceux que vous allez rencontrer, en essayant discrètement de le rendre inutile par la qualité de votre préparation. Quelques jours avant le déplacement, posez alors innocemment la question : "mais au fait, est-ce qu'on a besoin de se voir pour finir ce qu'on a engagé ?"
  • privilégier la cantine pour vos repas, les cuisines de cantine ayant un meilleur rendement énergétique que votre cuisine personnelle

Si vous êtes salarié... mais aussi le big boss

Vous avez les moyens de vous payer un consultant, par exemple Jean-Marc Jancovici, le cabinet Enertech, membre d'ASPO-France et toutes les bonnes volontés d'Oléocène qui ont aussi une bonne quantité d'énergie postive à revendre...