Préparer le futur : organisation de la société
Un article de Oleocene.
La société doit s'organiser face à la déplétion pétrolière.
La population
Les méthodes de culture modernes utilisent beaucoup d'hydrocarbure, et certaines parades comme les agro-craburants utilisent beaucoup de ressources agricoles. Dans ce contexte, nourrir la population mondiale peut devenir un problème majeur.
Une idée qui vient rapidement à l'esprit, mais qui reste très polémique, est de contrôler artificiellement le nombre de naissance, en allant au-delà du simple planning familial, qui laisse à chacun(e) une maitrise et une liberté à peu près complète sur le nombre d'enfant. Il faut noter que dans pas mal de pays, le taux de natalité est déjà plus bas que le taux nécessaire à maintenir la population, et que la diminution est compensée par l'immigration, dans certains cas (voir le cas du Japon, où l'on rechigne à utiliser l'immigration pour lutter contre le problème de la faible natalité couplée au vieillissement de la population.)
Garrett Hardin propose un systèmes de droits d'avoir des enfants échangeables : on distribue équitablement à chaque femme à sa naissance 21 parts. 10 parts représentent le droit d'avoir un enfant. Ainsi, 21 parts équivaut à 2,1 enfants par femme, soit le taux de renouvellement d'une population (on peut imaginer un autre quota, si l'objectif est de faire diminuer la population). Ces droits peuvent être achetés et vendus. Ce qui permet aux individus qui veulent plus d'enfants d'en avoir plus et à ceux qui n'en veulent pas d'en retirer un bénéfice. Pour incorporer les effets d'entrée/sortie du pays, on peut imaginer que les parts sont vendus à l'Etat lors de la sortie du pays et peuvent lui être achetés lors de l'entrée.
Bien entendu, ces mesures, difficilement applicables et surtout difficiles à vivre d'un point de vue humain (car niant les aspects autres qu'économiques ou alimentaires dans le fait de faire des enfants, voire rendant les personnes vendables et achetables) ne sont envisageables que dans une société qui n'a pas étudié de façon approfondie la question de l'alimentation durable de la population humaine avec une quantité finie de terres cultivables, notamment en éludant rapidement le problème de la productivité agricole et de la promotion de régimes alimentaires où la viande et le poisson sont sur-représentée ; l'élevage a en effet un très mauvais rendement en terme de rations alimentaire produites par biomasse consommée.
Cette productivité agricole est en effet considérée au mieux comme invariable, au pire comme devant nécessairement diminuer avec la dépletion pétrolière. Dans un tel cadre de pensée, il n'est guère étonnant que dans le contexte de la dépletion des hydrocarbures on n'entrevoie que la baisse de la population comme solution à la question de l'alimentation durable de la population humaine avec une quantité finie de terres cultivables. Or d'une part cette productivité agricole, avec les pratiques actuelles (et donc indépendamment de la dépletion des hydrocarbures), ne peut que chuter à terme, et d'autre part cette productivité peut être considérablement augmentée par un ensemble de pratiques simples et surtout indépendantes des sources d'énergie fossiles. Ces pratiques peuvent permettre de produire toute la nourriture d'une personne sur une surface moyenne de 500 m². Ainsi, sachant qu'il y a actuellement environ 2900 m² de terre cultivable par personne sur Terre, la généralisation de ces pratiques permettrait un accroissement théorique de la population humaine jusqu'à plus de 30 milliards de personnes. Il est très peu probable que ce seuil de 30 milliards soit atteint un jour, selon la plupart des démographes la population se stabilisera à un peu plus de 10 milliards de personnes à partir de 2050.
Ainsi il est plus raisonnable et surtout plus facilement réalisable de réorienter l'agriculture dans une voie durable et ne posant pas de limites en termes de "bouches à nourrir", plutôt que de maintenir les pratiques actuelles en essayant de réduire la population humaine. Ces pratiques actuelles n'étant d'ailleurs pas durables, indépendamment de la population humaine et des ressources en hydrocarbures, car destructrices pour la fertilité des sols, la réorientation de l'agriculture est une question de survie.
Voir aussi Pétrole et agriculture et Musée des Horreurs
Consommer moins
Créons une société de la sobriété. Une société qui valorise les gens économes.
Consommer mieux
Des réformes sont possibles et nécessaires pour diminuer notre dépendance à l'égard des sources fossiles d'énergie.

