Conséquences du pic pétrolier
Un article de Oleocene.
Cette page a pour but de recenser les conséquences du pic pétrolier.
Sommaire |
Le passage du pic pétrolier : catastrophe ou pas ?
Certains développent des scénarios dignes du roman Ravage ou de la bande dessinée Simon du Fleuve, avec une civilisation occidentale brutalement confrontée à la disparition du pétrole et une humanité ramenée aux temps préhistoriques. Si on examine les données de l'ASPO avec un peu de rigueur, on se rend compte que :
- le déclin de la production de pétrole sera, jusqu'en 2045, freiné par la poursuite de la croissance de la production du gaz naturel et du charbon, qui peuvent facilement remplacer le pétrole dans pratiquement toutes ses applications ; le taux de décroissance des hydrocarbures (pétrole et gaz) sera d'environ 0,7% par jusqu'en 2045. Pour maintenir le rythme de croissance de la consommation en énergie tirée des hydrocarbures des dix années précédentes (+2,6%), il sera probablement fait appel aux abondantes réserves de charbon et au développement du nucléaire et des énergies renouvelables.
C'est aux alentours de 2045 que la situation deviendra préoccupante car la production pétrole + gaz décroîtra brutalement de près de 3% par an, et la situation en terme de CO2 atmosphérique aura largement empiré.
- un article délibérément optimiste - mais plutôt bien vu : 2050, un jour dans une France sans pétrole (Newzy.fr)
Le pétrole sert aujourd'hui à deux grands usages : les transports et le chauffage. On peut facilement le remplacer pour le chauffage, mais beaucoup plus difficilement dans les transports, surtout routier et aérien.
L'électricité n'est plus produite à partir de pétrole, sauf dans quelques pays lointains (Israël, Cuba) : même aux Etats-Unis, l'électricité vient principalement du charbon et du gaz naturel.
Pays par pays
Alors qu'il est fortement probable que le PPP ne soit pas encore survenu, le pétrole cher est déjà une réalité. Cette flambée des cours fait que les pays les plus pauvres n'ont plus les moyens d'acheter du pétrole, même pour des besoins fondamentaux, pendant que les pays les plus riches se contentent de grogner devant les prix à la pompe.
En Europe, la situation énergétique est très contrastée selon les pays :
- la Norvège exporte massivement du pétrole et du gaz à ses voisins et dispose de nombreuses sources d'énergie renouvelables (hydro-électricité, biomasse de la forêt). Pour elle, l'approche du PPP est avant tout synonyme d'augmentation des revenus ;
- l'Italie possède quelques gisements d'hydrocarbures, mais ses besoins énergétiques primaires sont couverts à 85% par le pétrole et le gaz ; son potentiel en énergies renouvelables est par ailleurs faible ;
- la France, du fait de son parc électronucléaire, n'utilise pétrole et gaz que pour la moitié de ses besoins énergétiques primaires ; elle dispose de plus d'une bonne exposition solaire, de côtes ventées et de vastes terres agricoles.
Il est probable que l'Italie soit le pays de l'Union Européenne qui souffre le premier et le plus de l'arrivée du PPP. D'autres pays de l'Union Européenne, comme la Belgique, les Pays-Bas ou l'Irlande, dépendent énergétiquement à plus de 75% du pétrole et du gaz.
Voir aussi : Sensibilité au pic
Les oléoscénarios sont des simulations macro-économiques, visent à identifier dans quel ordre, et à quelles échéances, les différents pays du Monde vont devoir se passer de pétrole, au fur et à mesure que le pétrole se raréfie et donc que ses cours explosent.
- Le premier développé (DP/CZ) prévoit le début de la pénurie en France seulement 15 à 20 ans après le pic pétrolier, dans un contexte géopolitique hautement instable.
Conséquences démographiques
Tous les scénarios se rejoignent sur :
- un accroissement des inégalités entre le Nord et le Sud
- l'apparition d'îlots de forte prospérité au Nord (Norvège) mais aussi au Sud (Arabie Saoudite)
- une réduction des surplus agricoles à l'échelle mondiale
ce qui devrait entraîner, outre une plus grande mortalité, de grands mouvements migratoires - surtout si le changement climatique nuit plus au Sud qu'au Nord (inondations des terres fertiles, assèchement, etc)
L'avenir des villes
L'Histoire montre que des villes de plus d'un million d'habitants (ex: la Rome antique) ont pu se développer durablement sans pétrole. Par contre, il est probable que les mégapoles de plusieurs dizaines de millions d'habitants (ex: Tokyo) deviendront pour partie inhabitables faute de transports, ou tout simplement inhabitées car les citadins devront diposer d'un niveau de vie élevé pour payer notamment l'acheminement en ville de leur denrées. Les banlieues (suburbia en anglais), mal desservies en transports en commun, seront très certainement désertées par leurs anciens habitants, incapables financièrement de supporter le niveau de vie urbain.
On peut donc s'attendre à une restructuration profonde du milieu urbain européen :
- désertification des banlieues mal desservies par le train, le tram ou le métro des mégapoles. Les centres historiques resteront peuplées par les classes supérieures.
- maintien, voire développement des villes de taille moyenne comme Lyon, Lille ou Marseille. Les zones résidentielles trop éparses sont amenées à se densifier sous la forme de groupe d'immeubles (de niveau technologique identique à celui des maisons individuelles actuelles), ce qui permet de réduire les transports et le chauffage
- repeuplement partiel des villages vidés par l'exode rural des années 1950, par d'anciens banlieusards cherchant plus d'autonomie alimentaire.
Le cas américain est particulier : mis à part quelques villes comme New York, Boston ou San Francisco qui possèdent un centre ville au sens européen du terme, la plupart des grandes mégapoles américaines ont transformé leur centre en quartier d'affaires, inhabité après 18 heures. Certaines villes n'existent même que grâce à l'énergie abondante à bon marché : Los Angeles (étalée sur 100 kilomètres, la voiture particulière y est obligatoire) ou Las Vegas (localisé en plein désert du Nevada, le climatiseur y est obligatoire)
Selon le média Web SustainLane.com, les villes états-uniennes les mieux préparées à un choc pétrolier seraient :
- New York
- Boston
- San Francisco
- Chicago
- Philadelphie
Voir l'article original (en anglais) : http://www.energybulletin.net/14228.html
Secteur par secteur
Certains secteurs sont particulièrement sensibles au prix du pétrole :
Le transport aérien
Le kérosène est difficilement remplaçable (doit notamment résister à -47°C, car en altitude les températures peuvent atteindre -60°C). Tout hausse du baril se traduit directement par une hausse du coût du kérosène : en 2005, le prix du carburant représentait environ entre un cinquième et un tiers du prix du ticket, selon la destination.
Sensibilité au prix du baril
Un petit calcul montre qu'un voyage en avion reste accessible financièrement, même avec un pétrole cher :
- Paris New York : 5800 km
- consommation d'un A380 (correctement rempli) : 3l/100 km par passager
- kérozène à 0.5 Euros le litre (pour un baril de brut à $65)
- coût par passager du carburant : 3 * 58 * 0.5 = 87 Euros
Donc si le baril double (130 $ le baril quand même) le surcoût sera donc de 90 euros. Et si le baril triple (200 $) le surcoût sera de "seulement" 180 Euros.
Potentiel d'économies
Il existe un optimum de consommation pour le transport aérien :
- le très-court courrier (moins de 500 km) gaspille beaucoup d'énergie à monter en altitude pour redescendre aussitôt.
- le très-long courrier (plus de 10 000 km) consomme plus d'énergie pour transporter le carburant que pour sa charge utile.
Par ailleurs, l'utilisation de turbopropulseurs entraînant des hélices permet une baisse de la consommation spécifique de 15 à 20%, au prix de quelques inconvénients :
- comme le rayon des pales est limitée (dégradation de la qualité aérodynamique en bout de pale à cause des poches supersoniques, et problème d'installation sur avion Mad), la puissance l'est aussi, ce qui limite la taille de l'appareil, et donc le nombre de passagers transportables, et réduit de surcroît le rayon d'action
- vitesse inférieure d'un tiers
- le confort du passager est dégradé : bruit et vibrations, plus grande sensibilité aux conditions météo car l'altitude de croisière est inférieure
- le bruit perçu au sol est à peu près comme celui d'un A320, et loin derrière les niveaux atteints sur les jets plus récents, alors que la réglementation en la matière devient de plus en plus drastique
- des coûts de maintenance plus élevés (mais dans un contexte de prix élevé du kérosène, ce verrou saute !)
Il est donc probable que le transport aérien va, plus ou moins progressivement, se recentrer sur son périmètre de naissance :
- des liaisons intercontinentales pour une clientèle aisée (affaires et tourisme de luxe) dont une partie croissante proviendra de Chine
- des liaisons court-courrier en avion à hélices là où le train n'est pas compétitif (survol de chaînes montagneuses, liaisons île-continent, etc)
- focalisation du fret aérien sur le transport de luxe, notamment autour du Moyen-Orient
Conséquences sur l'industrie aéronautique
L'industrie aéronautique (Airbus, Boeing) devrait résister au pic pétrolier : la plupart des acteurs de ce secteur également un pied dans le domaine militaire, ce qui leur permet d'encaisser un effondrement de leurs activités civiles. Ils sont de toute façon d'intérêt stratégique pour leur pays d'origine, ce qui leur assure une certaine pérennité. Cela n'exclut néanmoins pas quelques risques de faillite : Bombardier (Canada) est financièrement fragile, uniquement présent sur les marchés civils et en situation d'auto-concurrence (ses avions adressent les mêmes besoins de transport que ses trains).
En 2005, Delta Airlines emploie 52 000 personnes, Air France 70 000.
Voir aussi :
- l'article d'un membre du forum Oléocène, à propos d'Aéronautique et Pic Pétrolier
- Turbulences, journal de bord du transport aérien à l'approche du pic pétrolier
L'automobile
Les constructeurs automobiles emploient plusieurs millions de personnes dans le monde :
- General Motors (GM) emploie 317 000 personnes en 2005
- Volkswagen compte 340 000 salariés
- Ford 320 000
- Toyota 264 000
A ces effectifs il faut rajouter tous ceux qui travaillent chez les équipementiers (fabricants de sous-ensembles) : Valeo, Visteon, Delphi, Bosch... et surtout tous les employés des garages et concessions, qui sont généralement des entreprises de commerce et de services juridiquement indépendantes du constructeur. Les licenciements fracassants dont il est fait état en 2005 dans l'industrie automobile américaine (ex : GM a annoncé le licenciement de 25 000 personnes en octobre 2005) sont principalement dûs :
- à la montée des prix de l'essence qui rend leurs produits-phare (4x4) moins attractifs
- à une sous-performance industrielle notoire, comparée aux Japonais et aux Européens
- aux retraites que les compagnies américaines doivent verser à leurs anciens employés, dans le cadre de plans maison.
Aucune société développée n'acceptant l'idée de se passer d'automobile et de camion, il est probable que cette industrie continuera a être largement supportée par les Etats-nations. En l'absence d'une solution technologique miraculeuse, les différentes alternatives (gaz naturel, biocarburants, véhicules hybrides, voitures électriques, charbon liquéfié...) se développeront simultanément. Si les citoyens des pays développés continueront d'utiliser des voitures, il est par contre certain :
- qu'ils n'en auront plus qu'une (voire aucune pour la majorité des citadins)
- qu'ils l'utiliseront beaucoup moins
- que les pays à faible niveau de vie reviendront à la traction animale
Par conséquent, on devrait assister à une recomposition du secteur automobile :
- poursuite de la concentration, avec disparition des constructeurs les plus financièrement fragiles ; probable naissance d'un ou deux géants chinois
- recentrage des survivants sur leur marché d'origine : Japon/Corée, USA, Europe, Inde et Chine
- développement des sociétés de location de voitures, les particuliers hésitant de plus en plus à acheter des véhicules neufs dont ils se serviront peu et rapidement obsolètes du point de vue de l'efficacité énergétique
Le schéma ci-dessous montre l'importance des investissements (R&D et industriel) à effectuer pour développer les filières alternatives au 100% pétrole. Compte tenu de l'endettement des pays producteurs et consommateurs d'automobiles, il est probable que la voiture européenne du futur sera une hybride biocarburant/électricité.
Le transport maritime
Le transport maritime sera à contrario peu touché, car :
- il est très économique : 400 litres de fuel lourd suffisent pour transporter un conteneur de 20 tonnes de Chine en Europe
- le fuel lourd sera plus abondant que les hydrocarbures légers
- on peut aisément lui substituer le charbon
Compte tenu des difficultés du transport aérien, il est même possible que le transport maritime se développe. La mondialisation survivra donc au pic pétrolier.
Voir aussi
- le rapport Hirsch
- Energize America
- une étude prospective (plutôt optimiste) du Conseil Général des Ponts et Chaussées : Démarche Prospective Transports 2050
Pouvoir d'achat
Sur cette courbe qui exprime le nombre d'heures de SMIC néncessaires pour acheter un baril de brut, on distingue nettement tous les événements "catastrophiques" au sens mathématique (choc de 1973, super-choc de 1980, contre-choc de 1986 et troisième choc lent actuel), malgré les fluctuations du dollar et du SMIC qui ont partiellement amorti les variations.
On notera que, grâce à une forte inflation, le "choc de 1973" a été en fait un simple hoquet. Par contre, 1980 a été brutal.
Plus encore que les Trente Glorieuses, 1986-2000 a été une période exceptionnelle pour le consommateur français : le baril (et donc l'énergie) lui coûtait, en heures de travail, encore moins cher qu'en 1972.
On voit aussi que c'est sans doute cette année 2006 que l'énergie va redevenir aussi chère qu'elle l'était pour le smicard du début des années 1980.
Inflation
La hausse des prix du pétrole risque d'entraîner par ricochet la hausse des prix de produits fabriqués à base de pétrole, comme par exemple des polymères, appelées communément plastiques, et des services, notamment les transports. Ainsi, de proche en proche, les prix de presque tous les biens et services peuvent être affectés. Les salariés demanderont en conséquence une hausse de leurs salaires pour compenser la perte de leur pouvoir d'achat. La BCE, sous la pression des Etats européens, peut alors être tenté de faire marcher la planche à billets, c'est-à-dire laisser les taux d'intérêts bas.
Notons que la plupart des pays n'incluent pas les prix du pétrole dans le calcul de l'inflation. La hausse des prix réels peut donc être supérieure au chiffre de l'inflation fourni par le gouvernment. L'inflation ainsi calculée tient toutefois compte de manière indirecte, partielle et retardée de la hausse des prix de pétrole (effets ricochets de la hausse des prix du pétrole sur d'autres biens et services).
Certaines catégories de personnes bénéficient de l'inflation alors que d'autres en souffrent. Ceux qui en bénéficient sont les personnes qui possèdent des dettes fixes (qui ne sont pas indexées sur le prix du pétrole) car elles doivent rembourser une somme correspondant à un plus faible pouvoir d'achat. L'inflation défavorise par contre ceux qui épargnent ou cotisent à un régime de retraite, car l'argent qu'ils mettent ainsi de côté aura au fil des années chaque fois moins de pouvoir d'achat.
Les aventures de Toto à la BCE
Un excellent post humoristique trouvé sur boursorama donnant un point de vue pédagogique sur l'inflation, les taux et l'économie occidentale :
"Bonjour M.Trichet!
- Bonjour Toto!
- Je suis désolé de vous déranger mais j'ai une petite question. J'ai appris sur le site meilleurtaux que vous comptiez remonter encore les taux des crédit. C'est pas très gentil car j'ai des amis qui n'ont pas encore acheté leur logement. Pourquoi vous faites ça? En plus il paraît que c'est mauvais pour notre économie !
- C'est que ce n'est pas si simple Toto ! Avec mon copain Greenspan, on a été obligé de baisser fortement les taux pour relancer l'économie après le krach boursier de 2001. Mais ces taux étaient anormalement bas. Nous rétablissons le tir avec Bernanke suite à l'explosion du nombre des crédits et de la masse monétaire.
- mais vous allez dynamiter l'économie de la zone euro !
- Non. La crise de 2001 était financière et non structurelle. Les taux bas n'ont pas servi à l'investissement des entreprises mais juste à mettre l'économie temporairement sous perfusion pour ne pas qu'elle meure. Maintenant, elle est presque guérie et il faut commencer le sevrage. En fait, cette hausse des taux ne devrait pas se répercuter sur l'efficacité économique, mais juste sur le prix des actifs. Cela ne va pas changer le PIB ni les taux de chomage.C'est bien ça qui importe !
- Mais cela va faire baisser les prix de l'immo, c'est suicidaire!!!
- Oui ! Et alors ? Ceux qui ont déjà acheté auront toujours le même logement, et ceux qui n'ont pas encore acheté metrons moins d'argent dans l'immobilier, et par là même mettrons plus d'argent dans le reste de l'économie. Tu sais Toto, une bulle spéculative ne produit pas de richesse !
- Mais le marché (du moins en France) n'est pas spéculatif ! Les gens achètent pour se loger !!!
- Les acheteurs ne spéculent pas trop en effet, Toto, à part peut-être ceux qui achètent par peur. Mais c'est les vendeurs....
- Les vendeurs spéculent ! Mais c'est n'importe quoi ce que vous me racontez M. Trichet !!!
- Ecoute moi bien Toto. Les vendeurs spéculent en... ne vendant pas tout de suite ! cela fait 4 ans que les fondamentaux financiers de l'immo ont été dépassés, et pourtant les fond de pension américains et institutionnels gardent leurs biens... par spéculation !!
- Mais d'après ce que j'ai compris, ceux là vendent en ce moment (et notamment à la découpe) !!
- Oui, ils ont bien compris le message qu'on a voulu leur faire passer avec mon ami Bernanke ! On va faire le ménage de toutes les liquidités qu'on avait mis sur le marché. Le marché n'en a plus besoin pour etre en bonne forme...
- Mais M.Trichet ! l'inflation reste quand même assez faible ! On pourrait laisser plus de liquidités sur le marché !!!!
- Ce n'est pas si simple Toto. On a découvert à la BCE un modèle qui nous permet de relier l'evolution de la masse monétaire avec l'inflation. Et oh surprise ! Ce cycle est beaucoup plus long qu'avant !
- Comment ça?
- Avant, quand on metait de l'argent dans l'économie, cela faisait très vite monter le prix de tout ! De la baguette de pain à ta voiture. Maintenant, le cycle est beaucoup plus long car il doit passer par les pays à faible main d'oeuvre, qui ont un effet tampon inflationniste énorme, avant de nous revenir avec un delta temps énorme sous forme de hausse des matières premières dans un premier temps, et des services ensuite...
- Quoi !? Mais c'est du n'importe quoi ! Vous augmentez les taux une fois ou deux et puis c'est bon, vous l'avez votre inflation faible !!!
- Et non Toto, malheureusement, sachant que la limite de l'économie est structurelle et non liée à un quelconque manque de liquidité, il faudra bien d'autres hausses pour juguler tout ça....
- Mais, et la parité euro/dollar ?
- Tu sais Toto, les marchés ont depuis longtemps intégré une baisse à long terme du dollar face aux autres monaies. Le différentiel de taux qui change ne sera donc qu'un prétexte à une éventuelle prise de bénéfices mais n'aura aucunement d'impact sur le long terme. D'ailleurs n'a tu pas remarqué que la parité euro/dollar était de moins en moins liée au différentiel des taux ? Je n'y peux rien, moi, si toutes les banques centrales s'allègent de dollars... C'est la confiance dans le dollar qui est en cause, et non le fait que je remonte ou pas mes taux. De toute façon, sur du long terme, on sait très bien que le dollar va baisser, baisser...
- Mais alors, on va vers une ... .... récession !?!
- c'est même pas évident. Les liquidités vont se détruire d'elle même dans un gigantesque tourbillon international. Mais comme de toute manière, il n'y avait pas eu de surinvestissement, la valeur travail va rester stable, à part peut-être chez les Golden boys, et les promoteurs immobiliers.
- ....?....!
- Mais bon je dois y aller Toto, on est justement en train de calculer à la BCE le rythme des hausses de taux à adopter pour faire comprendre cet état de fait en douceur aux intervenants tout en évitant la panique....
-... heu... et bien au revoir M. Trichet !
- Au revoir Toto !"
Voir aussi
- fil dédié du forum Oléocène : la flambée des prix, le retour de l'inflation

